entreprise
A. Raymond revendique l'invention du bouton pression
pour la ganterie. Mais pas seulement. Aujourd'hui équipementier
pour l'industrie automobile, l'entreprise produit 1,9 milliards de pièces
de fixations métalliques et plastiques par an. La société
grenobloise a profité de la réorganisation de son atelier
de presses à coulisseaux multiples pour intégrer la problématique
de la manutention de ceux-ci. Ces modules d'outillage qui pèsent
de 30 à 80 kg, selon les séries produites, doivent être
positionnés sur les presses pour pouvoir fabriquer les pièces
de fixation aux formes désirées. Ils sont changés
au mieux une fois par semaine, au pire deux fois par jour.
Chaque paramétrage des presses imposait jusqu'alors à
l'opérateur de saisir le coulisseau adapté, de l'installer
au crochet d'un palan pour enfin, à bout de bras, le positionner
correctement sur la presse. Pour répondre aux difficultés
physiques, aux lombalgies et autres coincements de doigts, " la
solution n'était pas facile à trouver, explique Yannick
Chapuis du bureau Méthodes Industrialisation, aucun matériel
n'existant sur le marché ". Il fallait que les coulisseaux
soient transportés de leur lieu de stockage vers les 15 presses
de l'atelier, en maintenant impérativement un angle de 20 degrés
lors de leur mise en place. " Nous avons tenté d'imaginer
des solutions en utilisant un palan, mais la méthode ne répondait
pas à nos exigences de précision ", dit Yannick Chapuis.
D'autres tentatives ont eu lieu avec un chariot. Sans résultat.
Une analyse précise de la gestuelle des opérateurs et
une recherche d'équilibrage des masses à transporter ont
été réalisées. Il aura fallu une année
entière pour parvenir à un premier prototype. " Nous
avons bénéficié de l'expertise d'un mécanicien
en fin de carrière. Plus disponible, sensible au problème
de préhension des rouleaux ", poursuit Yannick Chapuis.
Le principe retenu est celui d'une poutre roulante, d'un équilibreur
pneumatique avec retour sensitif au niveau de l'opérateur. Le
préhenseur ainsi conçu permet de réaliser la manipulation
des coulisseaux sans effort. Il faudra cependant un second prototype
pour encore améliorer et simplifier le système. Quand
le projet a abouti, un cahier des charges a été soumis
à une société clermontoise, spécialisée
dans la préhension, pour la conception finale.
Pour compléter le dispositif, des chariots ont été
adaptés pour stocker les coulisseaux, en respectant les caractéristiques
de chacun et l'angle de 20 degrés requis. Enfin, les opérateurs
et une personne de la maintenance ont suivi une formation (avec support
vidéo) et disposent d'une habilitation spécifique à
l'utilisation du préhenseur.
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