AVANT : La quantité de poussières récupérée est de l’ordre de 300 kilos par jour.

APRES : Les déchets poussiéreux sont compactés sous forme de briquettes. Les opérateurs n’ont plus à vider les sacs de rebus et l’atelier demeure propre.

Une centrale d'aspiration
qui rend le travail
moins coton

Le mineur avait le visage noirci par la houille. L’effilocheur avait le teint gris blanc à cause des poussières de coton. C’est du passé pour les 14 salariés de l’entreprise Moncorgé depuis l’installation d’une centrale d’aspiration sur ses lignes de production.
 

        entreprise Moncorgé, située à         Cours-la-Ville, recycle les déchets issus de la confection, du tissage ou de la filature. Les morceaux de tissus, qui composent la matière première, sont coupés, effilochés (déchirés) par frottements puis reconditionnés en fibres qui serviront une fois agglomérées aux industries de l’automobile ou du bâtiment pour réaliser des parois isolantes. Le procédé de production génère beaucoup de poussières :

 

 

 

 

 

 

 

le coton (50 % de la matière première) est la principale source de nuisances. Avant l’installation d’une centrale de ventilation, ces poussières jonchaient le sol de l’atelier ou étaient plusieurs fois par jour collectées puis vidées dans des sacs par les opérateurs pour constituer des balles de fibres. La manipulation (voir photo ci-contre) n’était pas aisée et imposait à celui qui la réalisait de respirer des poussières désagréables et dangereuses*.
L’installation mise en place comprend 
un captage de l’air empoussiéré sur
les 2 lignes d’effilochage, la filtration
centralisée de l’air collecté sur un filtre à tambour fixe équipé d’un étage de pré-
séparation et d’un système automatique de récupération des poussières au moyen d’une suceuse mobile. L’air dépoussiéré est rejeté à l’extérieur des ateliers en été. En hiver, la filtration permet un recyclage partiel de l’air dépoussiéré dans l’atelier pour réduire la dépense énergétique. Les débits d’air traités s’échelonnent de 50 000 m3 par heure pour une ligne à 58 000 pour l’autre.
« L’installation d’une nouvelle centrale de captage et de traitement des poussières a également été l’occasion d’équiper le site d’un système
performant de détection d’incendie », ajoute Jean-Paul Marjolet, technicien conseil à la Cram. Pas moins de 5 détecteurs d’infra-rouges par ligne d’effilochage
permettent l’arrêt
de l’alimentation des machines mais aussi la fermeture de clapets coupe feu placés dans les gaines des circuits matières et air poussiéreux.
Une extinction au moyen de dioxyde de carbone ou d’eau pul-vérisée peut ensuite être déclenchée manuellement sur les lignes d’effilochage.

« La sécurité fait partie de la gestion d’une entreprise. Pour répondre aux impératifs réglementaires mais aussi parce que c’est une nécessité si l’on veut réellement progresser ».
Bernard Moncorgé,
PDG des Etablissements
Moncorgé à Cours-la-Ville

En complément, tout le site est équipé d’un réseau de sprinklage automatique.
Finalement, l’installation mise en place a permis une réduction importante du niveau d’empoussièrement de l’atelier par un captage à la source plus efficace des poussières émises par les lignes d’effilochage. Dans le même temps, le système a permis l’élimination des batteries de manches filtrantes placées auparavant dans l’atelier qui constituaient des sources de pollution. Pour Jean-Claude
Osternaud, technicien conseil au laboratoire de chimie de la Cram,
« l’élément majeur du système en place est la suppression, pour le personnel, des contacts avec les déchets poussiéreux lors des opérations fréquentes d’élimination et de vidage des sacs placés sous les batteries de manches filtrantes ».
Pour Bernard Moncorgé, PDG de l’entreprise, « l’investissement a permis de gagner environ 2 heures de production par jour, de réduire considérablement le départ d’employés désireux de ne plus réaliser des opérations inconfortables comme le vidage des sacs et enfin d’améliorer le niveau de qualité de la production puisque la matière est beaucoup mieux dépoussiérée aujourd’hui ».


*L’inhalation de poussières de coton est susceptible de provoquer des affections respiratoires (allergies diverses et pneumoconioses) indemnisables au titre des tableaux 66 et 90 des maladies professionnelles.