ans
le bâtiment, pas moins de 80 % des accidents du travail
sont dus à la manutention et aux chutes de hauteur. Fort de ce
constat, et persuadés que la mise en œuvre des balcons présente
un réel danger pour les compagnons, Charles Incardona, technicien
méthodes, la société S2M (38) et Jean-Louis Vuillermoz-Biron,
technicien conseil à la Cram Rhône-Alpes, ont mis au point
un système destiné à assurer une meilleure protection
collective lors de la réalisation des balcons, en particulier
pour les PME.
L’objectif est de proposer un outil polyvalent dont la mise en
œuvre est aisée sur les chantiers. “L’idée
est d’améliorer la continuité de la protection périphérique
du bâtiment en construction et de concevoir un système
simple d’utilisation qui sera apprécié par les compagnons”,
dit Jean-Louis Vuillermoz-Biron.
La réflexion a pris en compte l’ensemble des systèmes
existants (poutrelles, étais, platelages, palonniers, crochets,
etc.), mais aussi le travail des compagnons : il faut une heure par
mètre carré, soit une matinée en moyenne à
deux compagnons, pour réaliser un balcon. Lors des phases de
coffrage, ferraillage et décoffrage, ils manutentionnent manuellement
environ 4 tonnes de matériel.
La réalisation de 82 balcons sur 10 chantiers distincts a été
étudiée. Cette étude montre que le dispositif proposé
répond à 90 % des situations de construction. Ce modèle
de
passerelle peut ainsi être utilisé pour des encorbellements
compris entre 1,30 et 2,80 mètres.
Des épreuves ont été réalisées :
la plate-forme a été testée jusqu’à
9 tonnes (soit 50 % de plus que la charge maximum de 6 tonnes autorisée)
et le porte-à-faux jusqu’à 5 tonnes (le maximum
autorisé étant de 3,5 tonnes).
Cet outil coffrant, mis en place à la grue, diminue énormément
les manutentions manuelles : les compagnons ne manutentionnent plus
que 200 kg. Ils peuvent réaliser le mètre carré
de balcon en moins de 10 minutes.
“Nous avons conçu un outil industriel qui reprend l’ensemble
des idées mises en œuvre dans chaque entreprise, en apportant
des réponses à la plupart des vraies situations qui pourraient
s’avérer très dangereuses”, dit Charles Incardona.
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