La peinture savoyarde
en action

Après des préconisations réitérées de la Cram pour réduire les risques dans plusieurs entreprises du secteur de la peinture industrielle savoyarde, une série d'injonctions a été adressée à 7 d'entre elles. La crainte de subir des pénalités financières laisse alors place à une réflexion dont elles tireront des bénéfices aussi bien humains que financiers.
Exemple de l'entreprise Reffet à Saint-Martin-la-Chambre (73).

             uand il apprend que son entreprise à reçu une injonction, Jérôme Reffet, gérant de l'entreprise du même nom, ressent cette démarche comme une injustice. "J'avais le sentiment que tout le monde travaillait de la même façon et j'attendais le bon moment pour investir.
D'autant que l'entreprise est loin d'être la dernière de la classe puisque ses ateliers sont spacieux et des actions
ont été menées pour améliorer les manutentions
".
Seulement voilà, comme dans toutes les
entreprises concernées, la ventilation demeure
insuffisante pour garantir la bonne santé des
peintres.
Outre l'installation d'un réseau de ventilation
performant, la réflexion alors engagée permet
d'aboutir à la séparation claire des activités :
d'un côté on fera de la métallerie (fabrication
de charpentes, châssis, portes, escaliers, etc.)
et de l'autre, du traitement de surface
(métallisation, sablage, peinture…).
En procédant ainsi, le nombre de salariés exposés
aux risques de chaque activité est diminué.
La nouvelle organisation a également permis
d'accroître les surfaces de travail, et de faciliter
les manutentions par l'installation de moyens de
levage à tous les postes de travail ou presque.
Aujourd'hui, avec un chiffre d'affaires en augmentation de 60%, une vision précise de sa stratégie commerciale, une remise aux normes de ses ateliers, le chef d'entreprise reconnaît que "l'injonction, a accéléré les choses et fait gagner des années à l'entreprise". En effet, toutes les entreprises qui avaient reçu les injonctions ont à présent des projets de développement. Ce n'était pas forcément le cas avant.
L'action menée avec les établissements Reffet a été ensuite confortée en s'intégrant dans un projet plus global auquel participaient des entreprises de peinture et des acteurs économiques savoyards.

Une démarche d'accompagnement réussie
Le constat qui a motivé la démarche était le suivant : le marché de la peinture industrielle se concentre hors du département alors que d'importants donneurs d'ordres sont présents sur place et que la Savoie détient un véritable savoir-faire.
Partant de cette conclusion de la Cram, confortée par une étude sectorielle de l'Ecole Supérieure de Commerce de Chambéry, les

un comité de pilotage composé de l'Agence Economique, la Chambre de Commerce et d'Industrie de la Savoie, la Chambre des Métiers et de l'Artisanat, la Cram Rhône-Alpes, le Critt de Savoie et la DRIRE.
L'ambition était d'étudier les voies d'amélioration en terme de stratégie d'entreprise, de développement commercial et                        technologique, de qualité, de gestion,                        d'environnement, de performance ou encore                        de sécurité et de gestion des risques.
                       L'outil mis en œuvre a été le "Séminaire                        Dirigeants", un programme d'action                        collective existant, financé par la Région                        Rhône-Alpes, dont l'objectif est de faire                        bénéficier un petit groupe d'industriels d'une                        formation par un cabinet consultant, sur le                        thème de la stratégie de développement. Ce                        séminaire permet d'analyser un                        environnement, d'échanger avec des chefs                        d'entreprise confrontés aux mêmes                        problématiques, et de découvrir des outils et                        des méthodes pour formaliser une vision                        d'entreprise à moyen terme. Il se compose                        de 2 parties : 5 journées de formation                        collective pilotées par un consultant (état de                        l'art, aspect réglementaire, sensibilisation à la stratégie, développement commercial, organisation de la production, gestion financière et administrative) et 3 demi-journées d'appui individuel en entreprise (avant, pendant et après le séminaire, établies en fonction des besoins spécifiques de chaque entreprise participante).
L'expérience aura également montré que les entreprises sont plus performantes lorsque les institutions économiques et sociales mutualisent leurs moyens et hiérarchisent les objectifs qu'elles fixent.