Organiser l'action

pour plus de sécurité dans le décolletage

A l'origine de la démarche entreprise par FCMP à Saint-Pierre-en-Faucigny (74) : le taux de cotisation des accidents du travail. L'entreprise, spécialisée dans le décolletage, compte au total un peu plus d'une centaine de salariés. Cela signifie que son activité, mais aussi le nombre ou la gravité des accidents qu'elle subit, influencent son taux de cotisation Accidents du Travail et donc les sommes qu'elle payera à l'URSSAF. Influencer ce taux, c'est possible. Payer moins, c'est possible aussi. A condition notamment de réussir une démarche de prévention des risques et d'amélioration des conditions de travail.

       ifférents regroupements de sociétés ont jalonné l'histoire de l'entreprise savoyarde. Avec le temps, sans jamais perdre de vue la production, la gestion évolue et s'intéresse peu à peu à la question de la sécurité. Les mécanismes de la cotisation AT-MP  sont examinés, un état des lieux est réalisé pour faire un point sur la sécurité et les conditions de travail. Des photos sont prises dans les ateliers. Rapidement, "l'œil s'exerce et permet de  mieux cerner la  problématique sécurité", se souvient Bernadette Dufranc, responsable des ressources  humaines.
Pour conforter la démarche initiée, elle choisit de suivre une formation sur l'animation de la prévention (voir encadré). Un membre du CHSCT est également convié à suivre une formation sur l'analyse     des risques liés aux manutentions manuelles.

L'évaluation des risques
pour point de départ


Un plan d'actions se dessine, il est réalisé avec  l'appui de la Cram Rhône-Alpes. "A ce stade, il s'agit d'échanger, d'expliquer et de proposer des  choix aux entreprises", souligne Didier Bonnet, technicien conseil. Dans le même temps, laquestion de  l'évaluation des risques apparaît. Elle  est souhaitée  approfondie et pas simplement conforme aux  exigences réglementaires. L'exercice  est réalisé en  s'appuyant sur une grille d'évaluation développée  spécifiquement pour les PME de la Haute-Savoie. Elle  
sera utilisée d'une    part pour identifier les accidents  "possibles" sur chacun des  secteurs, d'autre part pour déterminer  et mettre en  œuvre des plans d'actions sécurité. En 3 mois, une dizaine d'ateliers est analysée. Des points sont faits avec la Cram Rhône-Alpes régulièrement. On parlera de gestion des flux de production, de manutentions manuelles, etc.
Le personnel est alors réceptif à l'idée que l'on s'intéresse aux conditions de travail.

Des opérateurs sont interviewés et expriment leurs difficultés ou les contraintes rencontrées. Que faire quand le palletier dynamique se bloque avec une charge à 5 mètres du sol ? Est-il envisageable de toujours grimper aussi haut, de donner le coup de marteau salvateur et de redescendre ? La solution a été de s'intéresser à la maintenance de l'engin, de comprendre pourquoi des blocages sont possibles, on a observé l'état de charge subi en permanence et finalement les flux de marchandises. "La première approche qui concernait exclusivement la sécurité nous a permis d'améliorer aussi l'organisation", se souvient à ce sujet Bernadette Dufranc.

Une démarche sécurité qui devient pérenne

Désormais, les allées ne sont plus glissantes ou huileuses, des zones piétonnes ont été définies et repérées par un marquage caractéristique, une machine a été achetée pour entretenir les sols… Et les chiffres s'améliorent ! 640 jours d'arrêt en 2004 contre 34 en 2006.
Pour poursuivre en si bon chemin, des audits sécurité sont initiés. Une grille est établie, des thématiques sont repérées, listées et ce sont les membres du CHSCT ou les salariés SST (Sauveteurs Secouristes du Travail) qui rencontrent chaque

crescendo n° 19  Juillet 2007