Le BTP met ses hommes au frais


            anicule de l'été 2003. Réchauffement annoncé de             la planète. Le soleil s'invite désormais pleinement à la table des conditions de travail. Pendant longtemps, la pluie, le gel, le froid pouvaient conduire à une situation d'intempéries. Désormais, pour l'entreprise Dumez Rhône-Alpes, installée à Lyon Gerland (69), la chaleur est aussi prise en compte dans l'ensemble du dispositif de production. Quand les beaux jours arrivent et que la température s'élève, les hommes commencent leur journée de travail plus tôt, vers 7h30. L'objectif est d'œuvrer le plus possible avant la forte chaleur de 14 heures. Dans le même temps, certains travaux pénibles, comme la mise en place ou la rotation des banches (utilisées le plus souvent par paire, elles servent de coffrage ré-utilisable pour la réalisation des parois en béton), sont programmés en début de poste pour bénéficier de l'air frais. L'après-midi, sera, quant à lui, destiné à couler le béton ou consacré aux travaux à l'intérieur du bâtiment en construction. Tout est prévu en amont lors de la préparation du chantier.
Et pour se rafraîchir ? On a abandonné depuis longtemps l'eau chaude sortie du jet d'eau. On a abandonné aussi les bouteilles d'eau, souvent tièdes si elles sont posées dans un coin du réfectoire, et trop encombrantes dans un réfrigérateur, puisqu'elles laissent alors peu de place au casse-croûtes des compagnons. Sur le chantier Dumez Rhône-Alpes, actuellement en cours à Vaulx-en-Velin (69), 230 litres d'eau (soit 3 litres par jour et par personne) sont mis à disposition. Pour garantir tout son caractère désaltérant, l'eau est proposée en bonbonne réfrigérée. Dans le même ordre d'idée, l'entreprise a doté les compagnons d'un sac isotherme pour le transport du casse-croûte de leur domicile jusqu'aux réfrigérateurs (il y en a 2 grands par base vie). Enfin, tous les véhicules, les bureaux, les réfectoires et même la cabine du grutier sont climatisés.

            
Tout cela s'inscrit dans un dispositif de bien-être général qui prévoit le nettoyage quotidien des locaux, depuis les toilettes jusqu'à la table du coin repas, y compris les appareils ménagers. Des réunions Flash mensuelles pour parler de sécurité sont organisées. Chaque année, on distribue pour l'été 6 tee-shirts, 4 pantalons, 4 vestes pour chaque homme, le lavage de l'ensemble étant assuré par une entreprise extérieure.

Code du travail et canicule
Aucune indication de température n'est donnée dans le code du travail. Cependant l'employeur est tenu de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et la santé des travailleurs dans leurs établissements, en particulier d'aménager les locaux de manière à procurer une température compatible avec les activités des occupants (art. R 235-2-9). Il doit également mettre à la disposition des salariés de l'eau potable fraîche (article R.232-3-1) et sur les chantiers du BTP, 3 litres d'eau au moins par jour par travailleur (article 191 du décret du 8 janvier 1965).
Dans les activités du BTP la canicule peut être considérée comme une intempérie. A ce titre, dans la mesure du possible, l'employeur doit en protéger les salariés ou même décider d'arrêter le travail pour raison d'intempéries. Ce risque doit, comme tous les autres risques professionnels, être pris en compte pour l'établissement du Document Unique (R.230-1) et du plan d'action qui doit en découler.
crescendo n° 19  Juillet 2007